Inquiétant : la pollution microplastique des océans, des lacs et des rivières – Les cosmétiques sont également en cause.

Août 2013 


Nos habitudes quotidiennes d’hygiène et de soin (brossage des dents, douche, utilisation de certains peelings ou crèmes) contribuent, -de manière involontaire-, à cette pollution en transférant des quantités importantes de micro-particules de plastiques dans les eaux. Et rien ne retient ces minuscules microplastiques, même pas les stations d’épurations.
Les environnements marins partout dans le monde sont contaminés par des déchets marins, la plus grande majorité des débris marins flottants sont des éléments plastiques. Une partie de ces déchets plastiques se présente sous forme de mirco-déchets flottants, contaminant peu à peu l’ensemble des environnements marins.
Ces microplastiques (définition scientifique : <5 mm) sont soit des particules de plastiques qui ont été fragmentées par l’environnement marin ou des micro-particules plastiques qui sont directement issus de produits d’entretien, de produits cosmétiques, de médicaments, etc…
Les particules de plastiques sont si petites qu’elles échappent aux traitements des eaux et constituent donc un problème de pollution important.

« Une véritable soupe de plastiques »
Ces dernières années ce phénomène a fait l’objet de différentes études scientifiques au niveau international.
Aux Pays Bas l’université d’Amsterdam et l’Institut de Protection de l’environnement (Institute for Environmental Studies (IVM), VU University Amsterdam) se sont concentrés sur la problématique de «la soupe de plastique flottant» de la mer du Nord dans une étude en 2011 afin de sensibiliser l’opinion politique et d’accélérer la prise de décision politique.
Deux campagnes scientifiques de l’expédition MED (« Méditerranée en danger ») menées en 2010 et 2011 visaient à évaluer la pollution de mircroplastiques en mer Méditerranée. Les travaux de prélèvements et d’analyses ont permis d’aboutir à une première estimation globale de microfragments de plastique présents dans cette zone. L’équipe de chercheurs est constituée d’une dizaine de laboratoires universitaires européens dont l’Ifremer, l’Observatoire de Villefranche sur mer ou le CNRS en France.
Leur conclusions, publiées dans la revue scientifique «Marine Pollution Bulletin» en avril 2012 sont tout aussi alarmantes : «en moyenne, le nombre de micro-déchets flottants atteint 115.000 éléments (ou fragments) par km2, avec un maximum rencontré de 892.000 éléments, selon l’analyse des prélèvements.»

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Ecosystèmes en danger
Le milieu marin n’est pas le seul environnement concerné, la pollution microplastique met désormais également les écosystèmes des lacs et des rivières à rude épreuve. En Suisse, des chercheurs de l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) ont mesuré des concentrations de pollution aux microplastiques étonnamment élevées dans le Lac Léman.

La dernière mauvaise nouvelle nous vient des Etats Unis : les microparticules de plastiques issus de produits cosmétiques sont en train de détruire les Grand Lacs des Etats-Unis.
Les scientifiques américains expliquent qu’ils ont trouvé des quantités importantes de micro-particules de plastiques dans les Grands Lacs. Les études de l’année dernière portaient sur des échantillons des lacs Erie et Huron et du Lac Supérieur.
L’équipe de scientifiques a constaté que la pollution du lac Eriee est désormais supérieure à celle des Océans.
Beaucoup de micro-particules sont en fait de «parfaites petites billes», expliquent les scientifiques. Ce qui veut dire que l’on peut tout à fait en déduire d’où elles viennent : ce sont sans doute des composants issu de produits cosmétiques, entre autre de gels douche ou de dentifrices. On trouve des microparticules de plastiques également dans des peelings ou dans des crèmes, comme le montre le comparatif des crèmes BB et CC.
Les animaux marins – premières victimes de cette pollution alarmante
L’ingestion de plastique par Les Myctophidés (appelés aussi « poissons lanternes » du fait de leur bioluminescence la nuit) a été relevée dans plusieurs campagnes scientifiques en Atlantique et dans le Pacifique.
Les Myctophidés constituent une famille de poissons occupant une place significative dans les écosystèmes marins à travers le monde. Ces animaux sont une proie notamment des thons, espadons, oiseaux et mammifères marins et s’intègrent également dans la chaîne alimentaire. Les premiers impacts se font donc sentir sur les organismes marins. Le collectif de scientifique MED constate ainsi qu’un million d’oiseaux de mer et 100.000 mammifères marins  »meurent de nos déchets chaque année ».

Le décès de milliers d’animaux
L’institut allemand de protection de l’environnement constate à propos de la pollution marine issue de constituants plastiques que «trois quarts des déchets marins sont issus de composants plastiques, qui mettent des centaines d’années avant de disparaître. 13.000 particules de plastiques flottent désormais en moyenne par mètre carré sur la surface de la mer.»
Selon l’institut, les répercussions de cette pollution de microplastiques se traduisent en chiffres alarmants. Ces déchets sont responsables «de la souffrance de plus d’un million d’oiseaux marins et de 100.000 organismes marins, qui meurent de cette pollution. 136 organismes marins ont pu être recensés qui sont régulièrement pris au piège ou étranglés par des morceaux de plastiques flottants.
Au moins 43 pour-cent des familles de baleines et de dauphins, toutes les familles de tortues de mer et 36 pour-cent des oiseaux marins sont susceptibles d’ingérer ou d’avaler ces déchets.»

Pourquoi la pollution plastique est si dangereuse pour l’homme et l’animal
Les microplastiques sont facilement ingérés par des organismes marins et peuvent ainsi s’accumuler le long de la chaîne alimentaire. Les composants plastiques sont eux-mêmes constitués de composants problématiques ou à risque ; des colorants, stabilisants et additifs divers.
Lors de leur décomposition dans le milieu marin, les composants plastiques rejettent des particules nocives et des substances qui agissent comme perturbateurs endocriniens ; des plastifiants, des retardateurs de flamme, des filtres UV, etc.
Ces substances peuvent ensuite se retrouver dans l’organisme humain. Les composants plastiques ne peuvent pas entièrement être décomposés par des micro-organismes, c’est la raison pour laquelle ces minuscules particules resterons dans le milieu marin, sans doute pour l’éternité.
Mais le problème ne s’arrête pas là, l’institut allemand de protection de l’environnement constate que les microparticules ont la capacité de «fixer des composants toxiques persistants qui se trouvent déjà dans la mer, comme par exemple des substances interdites ; l’insecticide lindane ou le pesticide DDT, toujours présents dans le milieu marin. Cette particularité peut entrainer une accumulation de polluants dans la chaîne alimentaire et posera problème pour l’alimentation de l’homme, à travers la consommation de poissons et de fruits de mer. »

Toujours plus de déchets plastiques, même le lavage du linge est en cause…
Les microplastiques peuvent provenir de composants cosmétiques, mais malheureusement il existe bien d’autres «sources»:
Chaque lavage d’un seul vêtement synthétique libérerait plusieurs centaines de fibres dans l’environnement…
Le tissu des fameuses «polaires», qui est généralement constitué de polyester et de polyacryl, perd jusqu’à 2.000 fibres lors d’un lavage. Ces minuscules fibres atterrissent directement dans le milieu marin, non-filtrées par les stations d’épurations.
Si un seul conteneur de transport ‘classique’ de granulés industriels se perd par exemple en pleine mer, 50 milliards de granulés industriels se retrouvent dans les eaux marines qui se distingueront ensuite à peine des grains de sable sur la plage.
Selon les affirmations de l’industrie du plastique, ces granulés atterrissent déjà dans les canalisations lors des processus de transformation et se retrouvent ensuite soit dans les rivières, soit dans les eaux côtières, en fonction de l’emplacement des stations d’épuration.
L’industrie cosmétique doit renoncer aux composants plastiques et aux composants polluants de manière générale
Aux USA certains fabricants ont accepté d’enlever des produits du marché qui contenaient des microbilles de composants plastiques ou se sont engagés à ne pas concevoir de nouveaux produits de ce type.
L’institut allemand de protection de l’environnement conseille de ne plus utiliser de produits qui contiennent du polyethylene. Mais tout cela n’est pas suffisant !

Voici une liste de composants qui ne devraient jamais atterrir dans le milieu aquatique.
Polypropylene (PP)
Polystyrene (PS)
High impact polystyrene (HIPS)
Polycarbonate (PC)
Polyvinylidene chloride (PVDC) (Saran)
Acrylonitrile butadiene styrene (ABS)
Polyethylene terephthalate (PET)
Polyester (PES)
Polyethylene (PE)
Avec la fonction de recherche des composants INCI de mon site, 
vous allez constater que beaucoup de composants portent la mention évaluation écologique  

Les composants microplastiques responsables de la pollution des eaux font partie de cette catégorie.

Voir aussi :
http://www.umweltbundesamt.de/wasser/themen/meere/meeresmuell.htm
http://www.deltares.nl/en/news/news-item/item/13656/deltares-and-ivm-vu-investigate-microplastic-litter-in-the-north-sea
http://www.expeditionmed.eu/fr/
http://infoscience.epfl.ch/record/186320

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