« Le Match » des Laits Après-Soleil

 

Match

Juillet 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette nouvelle rubrique, nous allons vous présenter régulièrement deux produits comparables de deux marques différentes, l’une du secteur des cosmétiques «conventionnel», l’autre du secteur des cosmétiques bio certifiés.
Ces produit s’affronteront sur le même terrain : la comparaison des composants. La commentatrice vous accompagne tout le long du match et vous explique les règles du jeu quand celles-ci ne sont pas tout à fait claires.

Place au match : que le meilleur gagne.

Les Cosmétiques Design Sun Ultimate
Lait après-soleil Effet Glaçon

contre
Lavera : Lait après-soleil bio
Hydratation & Soin intensif

 

Lavera Sun

  

 

 

 

Ce que l’on attend d’un après-soleil, ce qu’il apporte un soin particulièrement hydratant, après une exposition intense au soleil, bien qu’il ne soit pas en mesure ni d’effacer par magie les traces d’une surexposition (fameux « coup de soleil »), ni de «réparer » de manière médicale les dégâts cellulaires profonds d’une exposition solaire excessive.
Il est important de rappeler ces distinctions qui peuvent paraître banales, mais qui conditionnement également les attentes que les consommateurs peuvent avoir vis-à-vis des produits après-solaires.

L’objectif d’un produit solaire, c’est d’apporteur un maximum d’hydratation et de substances de soin pour que la peau particulièrement sollicitée par l’exposition au soleil se régénère, soit bien hydratée et retrouve et souplesse naturelle.

Dans le comparatif des deux produits qui suivent, on court après le même but : l’hydratation de l’épiderme, mais d’un côte on se sert des techniques d’hydratation de  composants de synthèse avec quelques substances douteuses qui se faufilent entre le lignes et de l’autre camp on joue la carte du « purement naturel ».

Le début du match, présentation des équipes :

Les Cosmétiques Design Sun Ultimate
Lait après-soleil Effet Glaçon
200ml, 4,50 €

Selon les dires du fabricant « Le lait après-soleil Effet Glaçon refroidit et hydrate votre peau après l’exposition au soleil. Sa formule légère hydrate sans coller et ne laisse pas de film gras sur la peau » Jusqu’ici tout va bien.  Notons au passage une fois de plus que l’on ne trouve aucune information sur la composition du produit, (la fameuse liste INCI) sur le site du fabricant (http://www.lescosmetiquesdesignparis.carrefour.fr/produits/lait-apres-soleil-effet-glacon)

 

 

Ce produit a par ailleurs été classé dans les produits « recommandés » dans le test récent de 60 Millions de Consommateurs (http://www.60millions-mag.com/sante) avec la mention suivante :

« Ces références se distinguent par une proportion importante de composés bénéfiques. Pour Les Cosmétiques et Aptonia, la somme des agents hydratants, antioxydants et anti-inflammatoires représente même plus de 60% de l’ensemble des ingrédients ».

La formulation à la loupe :

 

Analyse des composants :

Dans une formulation de produits cosmétiques, ce sont les 5-10 premiers composants,
-présents en plus grande quantité-, qui déterminent le « profil » global d’un produit.
Juste après l’eau, en 2ème position on trouve donc ici une huile minérale (Paraffinum) présente en quantité importante, rejoint en 6ème position par une huile de synthèse issue de paraffine, le Hydrogenated Polyisobutene et un autre composant issu de la pétrochimie le C13-14 Isoparaffin, un peu plus bas en 12ème position. Ces huiles minérales ou synthétiques procurent hydratation, -certes-, mais posent problème à bien d’autres niveaux (voir encadré ci-dessous).
D’autres substances controversées se sont glissées dans la formule :

  • Se rajoutent des matières premières problématiques sur le plan environnemental; car polluantes: le Disodium EDTA, le Carbomer par exemple
  • Le PEG-100 et Laureth-7 sont des matières éthoxylées. Elles ne sont pas nocives en soi, mais obtenues à partir de gaz extrêmement réactifs et toxiques, issues d’un procédé chimique qui impose des mesures de sécurité les plus strictes.
  • Le Phenoxyethanol, classé perturbateur endocrinien, intervient en tant que conservateur

Le « Parfum » indiqué à la fin de la liste peut également poser problème: étant donné qu’il s’agit d’un produit non certifié (en cosmétique naturelle et bio) il y a des fortes chances que ce soit un parfum de synthèse, qui contient très souvent également des phtalates, classés également comme perturbateurs endocriniens. Pour éviter la présence de phtalates, la seul certitude serait d’opter pour un produit certifié, les parfums de synthèse ne sont pas autorisés par les différents cahiers de charges en cosmétique naturelle et bio.

 

 

LAVERA : Lait après-soleil bio
Hydratation & Soin intensif
150 ml, €8.90
La formulation à la loupe :

 

 

 

Lavera Sun1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

laveraSun2

 

 

Analyse des composants :

Dans une formulation de produits cosmétiques, ce sont les 5-10 premiers composants, présents en plus grande quantité, qui déterminent le « profil » global d’un produit.

Juste après l’eau, on trouve ici de l’huile de soja bio « Glycine Soja (Soybean) Oil », ensuite de la glycérine végétale, « Glycerin » (4ème position), du beurre de karité bio « Butyrospermum Parkii (Shea Butter)* », (9ème position) et de l’huile de tournesol  bio « Helianthus Annuus (Sunflower) Seed Oil* »(10ème position).
Une base hydratante essentiellement naturelle, car les composants issus de la pétrochimie (paraffine et al) ne sont tout simplement pas autorisés par les différents cahiers des charges en cosmétique naturelle et bio.
Dans ce match, opéré en toute transparence, l’avantage va clairement du côté des authentiques huiles végétales utilisés à la place des huiles minérales, issues de la pétrochimie. Apaisantes, anti-âge, hydratantes, réparatrices, régénérantes, équilibrantes et très concentrées en actifs, ces substances naturelles représentent une mine de bienfaits pour la peau. La glycérine végétale et un composant particulièrement hydratant avec des propriétés émollientes et vient compléter en grande partie l’apport hydratant.

Parmi les premiers composants un trouve également de l’alcool bio, employé en tant que texturant, stabilisateur et conservateur naturel. L’alcool naturel joue un rôle important pour ses effets anti-bactériens dans le cadre du système de conservation naturelle. On lui reproche souvent qu’il «dessécherait la peau». En critiquant l’alcool, il faudrait répondre à une question: Est ce qu’il est préférable d’utiliser à la place de l’alcool un mélange de conservateurs de synthèse ?

Je vous renvoie à ce article toujours d’actualité au sujet de la conservation pour approfondir la question :


Est ce que je suis vraiment contre la cosmétique naturelle et bio française ?

Dans le test de 60 Millions de Consommateurs, cité précédemment, ce produit à été classé dans la catégorie « ceux qu’il vaut mieux éviter » et « trop de substances indésirables » . On peut y lire « Attention également aux substances parfumantes allergisantes dans les formules de (…) et tout particulièrement dans Lavera et Bioregena qui en contiennent pas moins de huit chacun. »

Dans beaucoup de tests ou analyses de produits, les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés sont critiqués ou déclassés essentiellement à cause de la présence de ces substances parfumantes issues d’huiles essentielles. Justifié ou pas ?

Vous trouverez quelques réponses à ce sujet dans cet article :

Une liste d’une vingtaine de substances identifiées comme problématiques dans les cosmétiques est-elle suffisante ?

On en revient également toujours au même débat et questions de base : mais qu’est ce qui détermine réellement l’efficacité d’un produit ?

La réponse est relativement simple, c’est la base, (appelée aussi« l’excipient ») d’une formule qui détermine la qualité et l’efficacité d’un produit.

Selon les dires de K.P. Witten, chef du développement chez Beiersdorf « Un excipient de qualité permet d’atteindre 80% de la performance recherchée. Les principes actifs, aussi extraordinaires soient-ils, ne représentent que les 20% restants. »

La qualité de cette base est donc primordiale.
Et pour évaluer l’ensemble de la qualité d’un produit, on rajoute dans la débat bien sûr l’absence de composants controversés, réellement problématiques pour la santé ou contestables sur le plan environnemental.
Verdict et fin de match :
Et dans ce match de formulation, l’avantage qualitatif penche clairement du côté du produit certifié.

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