La vérité cosméto du mois : Le Lait Solaire Sésame de LUSH revu à la loupe | La Vérité sur les CosmétiquesLa Vérité sur les Cosmétiques
 

La vérité cosméto du mois : Le Lait Solaire Sésame de LUSH revu à la loupe

La Vérité Cosméto du mois

 

 

LUSH

Sésame Suntan Lotion

Lait Solaire

100g, 10,75€

 

Un autre sujet est en préparation sur le site, mais cette vérité cosméto du mois s’est imposée à nous et passera donc avant le prochain article, qui sera dédié au maquillage des yeux.

Sur le site «La Vérité sur les Cosmétiques», nous avons un faible pour les marques engagées, les marques qui ont des positionnements critiques affirmés et des causes à défendre.

Le secteur des cosmétiques, qui a cette capacité d’entourer de quelques paillettes des composants issu de la pétrochimie (en gros: du pétrole) pour vendre du rêve au prix fort,  a besoin de «contre propositions» claires et honnêtes.

Ce site veut donc aussi servir de tribune aux marques et engagements qui n’ont pas les budgets marketing des grands groupes industriels … mais qui valent tout autant, voir plus, de par la qualité de leurs formulations et produits et leur engagement, au quotidien.

La marque Lush est une marque engagée, que l’on pourrait même qualifier de «militante», avec des actions médiatiques très fortes pour la cause animale, contre le gaspillage, en faveur du mode de vie végan et bien d’autres cause «nobles». Et toujours avec un ton assez décalé, qui fait certainement bouger les choses.

Mais qu’en est-il réellement de la qualité des produits, des composants, des engagements réels à ce niveau là ? Si on regarde de près la formulation des produits…. est-qu’ils sont réellement aussi honnêtes, transparents, écologiques et engagés que la marque veut faire croire ? 

Le discours des «cosmétiques frais», «faits-maison» dans l’arrière boutique tient-il la route si on regarde de plus près la composition des produits ? 

Les personnes qui se sont lancées dans la formulation des cosmétiques «faits-maison» savent à quel point la question de la conservation est délicate. 

Soit on formule pour une consommation immédiate (un gommage, un masque, etc), soit on conserve avec des conservateurs de synthèse plus ou moins problématiques, soit on conserve au frais avec toujours une incertitude de durée de conservation.

Ce qui surprend toujours également quand on passe devant un magasin Lush, ce sont les parfums particulièrement forts, qui embaument parfois les boutiques avoisinantes. 

Très très peu probables qu’il s’agisse de parfum naturels, les parfums naturels (issu  d’huiles essentielles) sont beaucoup plus volatils, seuls les parfums de synthèse peuvent être aussi présents et durables.

Pour la vérité cosméto du mois, nous avons posé notre regard critique sur un produit de circonstance, le Lait Solaire Sésame, SPF 10 (=IP 10)

Le petit flacon nous renseigne ;

«Un lait au parfum de sésame grillé contenant des filtres solaires pour vous protéger des rayons UV. Riche en infusion de feuille de noyer et en beurre de cacao pour nourrir la peau, il apportera  aussi de la fraicheur grâce à l’aloe vera.»

Label Vegan.

Regardons de plus près la liste des composants.

Composition (INCI) :

Juglans Nigra, Sesamum indicum, Ethylhexyl methoxycinnamate, Theobroma cacao, Aloe barbadensis, Aloe Barbadensis, Butyl Methoxydibenzoylmethane, Stearic Acid,Triethanolamine, Cetearyl Alcohol, Methylparaben, Propylparaben

https://fr.lush.com/products/sesame-suntan-lotion

Notons au passage que la liste des ingrédients sur le site est incomplète, mettant en avant surtout les composants végétaux et oubliant de mentionner quelques composants moins glamour comme le Butyl Methoxydibenzoylmethane et le Triethanolamine.

 

Analyse des composants :

Ce sont les 5-8 premiers composants qui constituent majoritairement le produit. 

Et parmi ces premiers composants, on retrouve malheureusement de suite des filtres UV chimiques très controversés, le Ethylhexyl Methoxycinnamate (aussi connu sous le nom de Octyl Methoxycinnamate) en 3ème position et le Butyl Methoxydibenzoylmethane en  7ème position, tous les deux considérés comme des perturbateurs endocriniens, susceptibles d’interférer avec le système hormonal.

La problématique des filtres UV concerne pas seulement la santé de l’homme, mais aussi l’équilibre de l’écosystème, les filtres UV chimiques sont par exemple largement responsable de la destruction des coraux (voir ci-dessous) et se retrouvent bien entendu dans la chaine alimentaire.

Pour une marque qui se veut engagée dans la protection de l’environnement et des animaux l’utilisation de ces substances est juste… incompréhensible et inacceptable. 

D’autres substances controversées se sont glissées dans la formule :

  • Le triethanolamine, un composant qui est utilisé soit comme substance tampon, comme émulsifiant ou tensiofactif, mais qui est susceptible de former des nitrosamines, cancérigènes.
  • Deux autres conservateurs de synthèse, des parabènes, le methylparaben et le propylparaben classés également en tant que perturbateurs endocriniens.
  • Bien sûr que l’on y retrouve également des composants végétaux ; de l’huile de sésame bio, de l’infusion de feuille de noyer, du beurre de cacao bio.….mais quels rôles peuvent-ils jouer dans cette formulation ?  Ils hydratent et apportent soin,-certes-, mais sont entourés de composants problématiques.

Sur les treize composants du produit, on retrouve cinq substances très controversés sur le plan toxicologiques, qui sont polluantes et problématiques à d’autres niveaux. 

Comme disait ma prof de linguistique anglaise il y a longtemps «on ne mets pas de bijoux quand on est sale», quand on s’efforçait d’utiliser des mots très complexes, sans pour autant maîtriser les structures de phrase les plus simples.

Autre «boulette» de taille : dans la partie  «conseil» on peut lire : «le sésame fait office de filtre solaire et l’aloe vera apaise.»

Soit le service marketing s’est momentanément égaré à cause des effluves des parfums entêtants des savons «faits maison»… soit Lush a découvert une nouvelle fonction au sésame qui aurait échappé jusqu’à présent aux spécialistes des cosmétiques naturels et bio et dont Lush détiendrait le secret…

Ce qui fait surtout office de filtre solaire, c’est le mélange de filtres UV chimiques lourds.

Autre contradiction : un label «vegan», qui garantit l’absence de composants issus du règne animal… mais des produits qui contiennent des composants qui détruisent l’écosystème des poissons et qui sont responsables de la destruction des coraux...une logique assez difficile à suivre, en toute somme.

 

Récapitulatif sur la problématique des filtres solaires 

Les filtres solaires : protection solaire chimique et minérale

Dans les produits solaires «conventionnels» on utilise principalement des filtres chimiques (filtres UVA, filtres UVB, ou filtres à large spectre contre UVA et UVB).

De tels filtres solaires ne forment pas de couche protectrice qui s’interposerait entre le soleil et la peau, ils réagissent directement sur et avec la peau. Ces réactions chimiques sont à l’origine d’effets secondaires souvent non négligeables.

Dans les produits cosmétiques naturels et bio certifiés, on se sert exclusivement d’une protection solaire «physique». Cette protection est constituée de pigments qui réfléchissent les rayons solaires et les dispersent. Les substances protectrices physiques utilisées sont principalement des pigments d’origine minérale: le dioxyde de titane (INCI : Titanium Dioxide) et l’oxyde de zinc (INCI : Zinc Oxide).

Ce mode de protection contre les UV a deux grands avantages: il n’entraîne pas les effets secondaires que peuvent avoir les filtres UV de synthèse et n’a pas d’impact nocif sur l’environnement.

Les filtres solaires de synthèse sont problématiques à divers égards

De nombreux filtres solaires présentent un sérieux potentiel de risque car la fonction de filtre s’appuie sur le fait que des molécules absorbent un certain spectre d’ondes. Cela n’est pas sans conséquences puisque les molécules vont être modifiées par le processus. De nouveaux composés moléculaires au fort potentiel allergisant ou provoquant des réactions phototoxiques (c’est à dire pouvant devenir instables à cause de la lumière ou des enzymes produites par le corps) peuvent se former.

De nombreux filtres UV de synthèse (entre autre ceux listés ci-dessous) sont désormais classés perturbateurs endocrinien, c’est à dire qu’ils interfèrent avec le système hormonal.

Oxybenzone (Benzophenone-3)

Octinoxate (Octylmethoxycinnamate)

Homosalate

3-benzylidene camphor

4-Methylbenzylidene Camphor

4,4-dihydroxybenzophenone 

Benzophenone-1 

Benzophenone-2 

Octyl Methoxycinnamate

Ethylhexyl methoxycinnamate (OMC) 

Octocrylene

En 2003 déjà, Margret Schlumpf, W. Lichtensteiger et H. Frei présentaient des recherches approfondies sur les conséquences de l’utilisation massive de filtres synthétiques. Selon ces études, nous sommes doublement exposés – par l’intermédiaire de la peau et de la chaîne alimentaire – « car ces composés généralement lipophiles s’accumulent dans les aliments gras, comme les poissons et le lait maternel. »

L’industrie cosmétique a refusé pendant de longues années la critique à l’égard des filtres UV synthétiques, la considérant comme infondée. Mais depuis, elle a, de fait, confirmé ces arguments puisqu’un certain nombre de ces filtres UV ne sont plus employés aujourd’hui (entre-autre pour la simple raison qu’ils ne sont plus autorisés). 

Destruction du récif corallien

Il suffirait de 20 minutes de baignade pour que 25% des produits chimiques contenus dans les crèmes solaires se retrouvent aussi dans la mer. Le choix des produits que nous appliquons à la plage ou à la rivière n’est donc pas anodin.

Chaque année, ce sont plus de 4.000 tonnes de résidus de crèmes solaires qui se déposent sur les massifs coralliens, notamment en Thaïlande, au Mexique ou aux Caraïbes, là où les touristes s’entassent sur les plages. Des composants chimiques présents dans la plupart des crèmes solaires commercialisées sont jugés problématiques pour l’environnement et participent à la dégradation des coraux.

De recherches menées par des biologistes marins et rendues publiques début 2008, ont décrit l’étendue effrayante des dégâts. Les scientifiques de l’Université Polytechnique d’Ancône (Italie) en tirent une conclusion très claire : les crèmes solaires contenant des filtres synthétiques mettent en danger les récifs de coraux du monde entier.

Ce sont des observations réalisées au Mexique qui ont donné naissance à ces recherches sur les effets des filtres solaires : en effet, on avait alors constaté une forte mortalité de tous les êtres vivants dans les bassins marins fermés de la presqu’île du Yucatan, très fréquentés par les touristes.

Les scientifiques de l’Université d’Ancône ont travaillé dans le monde entier, que ce soit dans l’Atlantique, l’océan Indien et l’océan Pacifique ou la mer Rouge. Leurs résultats sont alarmants. D’après eux, 10 microlitres de crème solaire dans un litre d’eau de mer entraînent déjà une décoloration totale du corail en l’espace de 4 jours. On estime que les plus problématiques sont les filtres chimiques Ethylhexyl Methoxycinnamate, Benzophenone-3 et -4 et Methylbenzylidene Camphor.

Conclusion des scientifiques: les produits solaires participent activement à la destruction d’écosystèmes importants et merveilleux du monde entier. 

Une raison de plus pour éviter des protections solaires qui contiennent des filtres UV de synthèse.

Plus d’information au sujet des produits solaires dans l’article suivant ;

Les 5 mythes autour des produits solaires

 

 

Une réponse à La vérité cosméto du mois : Le Lait Solaire Sésame de LUSH revu à la loupe

  • Bravo pour cette analyse fouillée et sans concession, comme d’habitude.

    Cet article permet d’éviter le filtre du marketing mais surtout cette marque est une honte et devrait être attaquée pour publicité mensongère ! !!

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