Karethic… Une marque innovante et un projet engagé… depuis ses débuts…

avril 2020

De temps en temps nous allons vous présenter également des projets ou marques cosmétiques et leur poser quelques questions. C’est au tour de Carole Tawema, fondatrice de la marque Karethic, de se prêter au jeu des questions-réponses.

 

  

Tout d’abord… comment cela se passe pour vous, vu le contexte ?

Comment une petite entreprise comme Karethic peut s’adapter à une situation inédite, comme celle que nous vivons actuellement ?

Carole Tawema, Karethic : A notre plus grande surprise, la situation se passe très bien. La petite taille de notre entreprise nous a permis de nous adapter rapidement à la situation. Les outils pour travailler à distance et la dématérialisation des documents sont une habitude chez Karethic. 

La première semaine fut bien sûr difficile car il a fallu prendre des décisions très vite, sans visibilité. Notre partenaire logistique qui emploie des personnes en situation de handicap a en effet dû fermer ses portes très vite. Nous avons pris le relais en préparant nous même les commandes pour les professionnels comme pour les particuliers et avons informé nos clients de la situation.

Cela fait un moment que vous évoluez dans le monde des cosmétiques naturels et bio maintenant, qu’est-ce qui vous a motivé à créer votre propre marque ?

Carole Tawema, Karethic : Nous avons créé ce qu’aucune autre marque de cosmétique ne voulait créer il y a 10 ans par dogmatisme et préjugés : des soins au beurre de karité brut non raffiné.

Quand nous avons débuté, cet ingrédient, le beurre de karité brut non raffiné, était perçu comme devant être obligatoirement raffiné avant d’être utilisé en cosmétique. Or ce processus est non seulement polluant mais il fait aussi intervenir plusieurs intermédiaires qui réduisent la rémunération des productrices de karité à la base de chaque kilo de beurre de karité produit dans le monde.  

Mon mémoire de fin d’études sur les stratégies de développement du commerce international du karité m’a permis de comprendre que le beurre de karité était l’équivalent de l’huile d’olive.

Il n’avait simplement pas bénéficié du travail de recherche et de valorisation que l’huile d’olive, voire l’huile d’argan. J’étais jeune et disposais de toute l’énergie pour le faire car le métier de millions de femmes à la base de l’industrie de karité était en jeu.

En tant que françaises d’origine africaine (béninoises) et surtout en tant que femmes, nous avons mené ce travail avec ma sœur dans l’intérêt des productrices de karité et du consommateur car comme l’huile d’olive vierge, moins vous raffinez le karité, plus vous bénéficiez de ses vitamines.

Or le karité est l’huile végétale la plus riche en principes actifs réparateurs de la peau et des cheveux dès lors qu’elle n’est pas dénaturée, raffinée. 

L’huile d’olive est connue et valorisée depuis l’antiquité. Le beurre de karité brut, vierge, frais est celui que nous qualifions de Grand Cru depuis 2010. Pourtant l’industrie utilise cet ingrédient, le karité, depuis des siècles mais en le raffinant industriellement. 

Ce n’est donc pas uniquement une création de marque que nous avons effectué, mais un travail de recherche et de valorisation d’un ingrédient dans une démarche sociale et environnementale positive. 

Le terme Grand Cru de karité que nous avons créé est reconnu par les autorités publiques en France depuis 2018. Il n’était pas possible auparavant de spécifier la qualité particulière du karité dans l’intérêt du consommateur.

Les marques proposant du karité raffiné n’ont en revanche aucune obligation de préciser qu’il est raffiné.

C’est ce qui explique que nous restons une petite entreprise – malgré tout le travail réalisé. Seules, nous ne pouvons pas grand-chose face à une industrie qui défend son droit à polluer et tromper le consommateur en exploitant des femmes.

Vous avez vu évoluer le secteur, les attentes des consommateurs, les enjeux entre secteur des cosmétiques bio celui du secteur conventionnel…

Quelles sont les tendances, concernant les habitudes de consommateurs ou concernant le secteur en général, que vous avez pu observer ?

Carole Tawema, Karethic : La quête de réassurance et de garantie de qualité et d’innocuité est de plus en plus forte notamment chez les millénials adeptes d’applications permettant de décrypter les étiquettes. Et quand l’industrie ne parvient pas y répondre, le consommateur se tourne à raison vers le Do It Yourself. Le confinement a permis a des milliers d’hommes et de femmes de s’initier à la cosmétique faite maison et c’est une bonne chose. Ce sont 2 tendances fortes qui se combinent avec la volonté de protéger l’environnement, la vie animale et la réduction des déchets.

De mon point de vue, le secteur du conventionnel est dépassé par les demandes du consommateur. Il tente de se frayer un chemin avec des labels qui ne reposent sur aucun cahier des charges strict ni aucun contrôle comme le véganisme ou la clean beauty.

Le secteur bio peut répondre à ces nouvelles exigences du consommateur beaucoup plus aisément en renforçant sa démarche de transparence et de garantie basée sur les fondamentaux de l’agriculture biologique : Le respect à la fois de l’Homme et de son Environnement. Le respect de l’Homme ne se limite pas à la santé du consommateur, ça implique aussi les producteurs à l’origine de chaque ingrédient naturel utilisé dans une formule. La crise a mis en lumière le fait que ceux qui sont réellement essentiels à la société sont ces hommes et ces femmes proches de la terre et de l’Humain. J’espère que cela ne sera pas oublié le jour d’Après. Dans tous les cas, le consommateur ne l’oubliera pas.

Quels sont les projets de Karethic…. aujourd’hui… demain et dans les années à venir ?

Carole Tawema, Karethic : Nous continuons à développer des produits multifonctions et simples autour du karité brut ou des rituels de beauté de la femme africaine, utiles à la société, qui répondent au besoin de ralentir et réduire la quantité de produits nécessaires pour prendre soin de sa peau tout en protégeant la planète.

Cela nous permet d’innover sans cesse ou d’améliorer des produits existants déjà sur le marché en créant des versions plus responsables d’un point de vue social et environnemental.

Par exemple notre dernière nouveauté « La taie de Beauté Majestaie » qui permet de protéger et sublimer à la fois la peau et les cheveux est née en associant un rituel de beauté adopté dans le secteur du luxe, -dormir sur une taie de soie pour protéger sa peau-, à un rituel de beauté adopté par les femmes aux cheveux crépus, fragiles et cassants, dormir sur une taie en satin. Les tissus que nous avons sélectionné pour la Majestaie permettent d’obtenir le même résultats en évitant d’exploiter les vers à soie, de décimer les koalas en Australie tout en étant pensé pour être recyclables. D’un point de vue social, nous avons choisi de confier la réalisation des taies aux couturières de notre ESAT en région lyonnaise.

La prochaine nouveauté sera aussi un produit multi-usages, une crème hydratante et déodorante (et non un déodorant crème) qui peut s’utiliser sur tout le corps et permet à la fois d’hydrater, nourrir et protéger la peau, tout en luttant contre les bactéries.

Nous encourageons nos clients à s’initier aux cosmétiques DIY avec des recettes disponibles sur notre site internet. Le karité brut est -et a toujours été- notre meilleure vente. Pour ceux qui n’ont pas le temps de faire eux même, nos formules sont minimalistes avec peu d’ingrédients et proches d’une recette DIY.

Je perçois le DIY comme la cuisine familiale, nos produits Karethic, comme un déjeuner dans un excellent restaurant bio, voire gastronomique avec des ingrédients frais, la cosmétique industrielle (bio ou conventionnelle) comme du fast food bio ou conventionnel. L’essentiel est que le consommateur puisse choisir en toute connaissance de cause, en fonction de ses moyens et du temps dont il dispose.

Dans les années à venir j’espère que nous serons toujours là pour contribuer à la transformation positive de l’industrie cosmétique encore trop minée par les dogmes, les préjugés et un manque de transparence. 

 

Personnellement, qu’est-ce qui vous permet en ce moment de mieux faire face à cette situation…. d’incertitude ? 

Quelques conseils, encouragements ou réflexions que vous souhaitez partager avec nos lecteurs ?

Carole Tawema, Karethic :

Nos clients, l’équipe Karethic, l’homme de ma vie, mes voisins et mes chats m’ont permis de vivre le confinement de façon plus positive. Le fait de penser aux autres et non à soi en priorité, de réfléchir au chemin parcouru permettent d’évacuer les peurs.

Nous serons tous impactés d’une façon ou d’une autre mais il est essentiel de commencer dès maintenant à penser au monde que nous souhaitons demain pour nous et les futures générations.

Le projet d’application Konsoleader que nous souhaitons construire avec un socle d’acteurs engagés de la société civile, reste pour moi une des façons d’agir de façon pacifique et concrète pour transformer en profondeur et durablement les modes de consommation.

Il faudra s’engager beaucoup plus qu’auparavant, chacun à son niveau, en fonction de ses compétences et de ce dans quoi nous nous épanouissons sans attendre que les solutions proviennent d’autrui. Nous n’avons plus le choix. La bonne nouvelle c’est que nous ne sommes pas seuls à vouloir ce changement à impact positif. Dans chaque territoire, au niveau local les solutions sont là. Le plus important est de veiller à ce que « le local ne devienne pas un bocal » qui nous enferme dans le rejet de l’autre.

 

 

Un grand merci à Carole Tawema d’avoir répondu à nos questions, pour en savoir plus sur la marque et les produits :

https://karethic.com/

https://www.facebook.com/Karethic

https://www.instagram.com/karethic/

 

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D’autres articles de présentation de projets innovants ou de marques sont également consultables sur le site ici :

https://blog.laveritesurlescosmetiques.com/uberwood-de-lextrait-de-pin-a-lemballage/

https://blog.laveritesurlescosmetiques.com/?s=baobab

https://blog.thetruthaboutcosmetics.com/madara-cosmetics/

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