Le « Match Cosméto » d’hygiène intime : ROGE CAVAILLES contre BIOTURM

Juin 2018

Dans cette rubrique, nous allons vous présenter régulièrement deux produits comparables de deux marques différentes, l’une du secteur des cosmétiques «conventionnel», l’autre du secteur des cosmétiques bio certifiés. Pour ce match, nous avons choisi des produits d’hygiène intime ;  un gel lavant et mousse. 

Ces produit s’affronteront sur le même terrain : la comparaison des composants.

La commentatrice vous accompagne tout le long du match et vous explique les règles du jeu quand celles-ci ne sont pas tout à fait claires.

Place au match : que le meilleur gagne.

 

Dans le comparatif des deux produits qui suivent, on court après le même but : l’hygiène intime, dans le respect de la flore intime,  -fragile et délicate-, qui nécessite des produits de soins adaptés.

Mais d’un côte on se sert d’un mélange de composants de synthèse et de composants naturels,  -avec quelques substances douteuses qui se faufilent entre le lignes-, et de l’autre camp on joue la carte du « purement naturel ».

Le début du match, présentation des équipes :

 

Rogé Cavaillès

Soin Toilette Intime Extra-doux

100ml – 200ml – 500ml

(environ € 5,53 pour le 200ml)

 

Sur le site de la marque, on trouve le descriptif du produit suivant ;

« Jusqu’à 12 heures de protection et de douceur !

Développé avec des gynécologues, ce soin intime Extra-Doux procure jusqu’à 12 heures d’efficacité*. Avec ses actifs encapsulés, qui libèrent en continu des extraits de calendula adoucissant, il vous apporte douceur et fraîcheur toute la journée.

Respectueux de la flore et de son équilibre fragile, il nettoie en douceur et préserve au quotidien l’équilibre des muqueuses, même les plus sensibles. »

https://www.rogecavailles.fr/produits/soins-Intimes-extra-doux_42

Regardons de plus près également la liste des composants du produit.

Ingrédients/ INCI:

Aqua, PEG-80 Hydrogenated Glyceryl Palmate, Cocamidopropyl Betaine, PEG-120, Methyl Glucose Dioleate, Magnesium Laureth Sulfate, Polysorbate 20, Disodium Laureth Sulfosuccinate, Calendula Officinalis Flower Extract, Parfum, Lactic Acid, Alpha-Glucan Oligosaccharide, Caesalpina Spinosa Gum, Glyceryl Laurate, Glycerin, Moringa Oleifera Seed Extract,Tetrasodium Glutamate Diacetate, DMDM Hydantoin, Chlorphenesin, Sodium Benzoate, Potassium Sorbate.

Le texte sur le flacon précise par ailleurs : pH Physiologique-sans savon- sans paraben-hypoallergénique- tolérance maximale-  recommandé par les gynécologues…

Analyse des composants :

Comme toujours, ce sont les 5-8 premiers composants qui constituent majoritairement le « profil » du produit.  

De manière générale, un les produits lavants d’hygiène intime (gels douches/shampooings, et gel lavants intimes également) sont constitués d’environ 70% d’eau, viennent ensuite des bases lavantes (environ 20%) et d’autres composants annexes.

En ce qui concerne les gel lavants ce qui est donc primordial, c’est le choix des bases lavantes (tensioactifs) qui peuvent être soit très doux, bien tolérés par la peau, ou plutôt irritants et/ou problématiques pour l’environnement.

La formulation se compose ici d’un mélange de tensioactifs doux Cocamidopropyl Betaine / Methyl Glucose Dioleate et de tensioactifs irritants Magnesium Laureth Sulfate/ Disodium Laureth Sulfosuccinate, différents PEG (en tant qu’émulsifiants)  se rajoutent au tableau.

D’autres substances problématiques et controversées se sont glissées dans la formule :

  1. des PEGS (PEG-80 Hydrogenated, Glyceryl Palmate/PEG-120, Methyl Glucose Dioleate +Polysorbate 20) des matières éthoxylées. Obtenues à partir de gaz extrêmement réactifs et toxiques, issues d’un procédé chimique lourd qui impose des mesures de sécurité les plus strictes. Les PEG sont par ailleurs susceptibles de rendre la barrière de la peau plus perméable à d’autres substances et sont pas très biodégradables, donc polluantes.
  2. Le tensioactif Magnesium Laureth Sulfate : irritant
  3. Le tensioactif Disodium Laureth Sulfosuccinate:  irritant
  4. Le conservateur de synthèse DMDM Hydantoin, susceptible de libérer des formaldéhydes, cancérigènes
  5. Le conservateur de synthèse Chlorphenesin, une substance organo-halogénée susceptible d’effets allergisants et problématique car elle peut s’accumuler dans l’ organisme.

Verdict : Un soin sensé être « respectueux de la flore et de son équilibre fragile » peut-il contenir des bases lavantes irritantes et des conservateurs de synthèse controversés ?

Bien sûr que l’on retrouve également l’extrait de calendula évoque par le fabricant (en 8me position) et d’autres matières actives intéressantes, mais dans l’ensemble ce soin ne semble pas vraiment respecter son contrat, celui de respecter réellement la flore intime.

Allons regarder la proposition de l’adversaire, cette fois-ci…

 

 

BIOTURM 

Mousse d’hygiène intime Cranberry n° 90

250 ml, prix : 14,95 €

 

Voici la présentation du produit par le fabricant* :

« La région intime est protégée par des bactéries lactiques qui repoussent les germes étrangers par un pH acide. Si ce système est perturbé (p. e. en utilisant les gels nettoyants d’un pH trop élevé ou par une hygiène trop excessive), des germes étrangers peuvent pénétrer et favoriser des mycoses. La Mousse d’hygiène intime Cranberry n° 90 fortement concentrée en complexe actif lacto-intensif (donc avec une teneur élevée en acide lactique) conserve la flore intime naturelle et contient aussi du jus de cranberry biologique. Cette baie magique américaine est connue pour l’effet positive sur la santé – en particulier sur les infections des voies urinaires – et la plupart du temps, la canneberge se consomme sous forme de jus ou de poudre.

Le cranberry confère à la mousse une couleur rose discrète et un parfum fruité intense.

Soit la Mousse d’hygiène intime en flacon pompe économique ou le Gel d’hygiène intime Cranberry n° 91 pour la toilette intime en voyage – les deux produits d’hygiène intime de BIOTURM ont les mêmes substances actives et soutiennent les fonctions protectrices naturelles de la flore intime et permettent d’éviter des désagréments divers dès le nettoyage. Le Baume intime Cranberry n° 92 a un effet régénérant sur les irritations et rougeurs dans la zone intime et soigne la peau sensible. »

*http://www.bioturm.fr/.cms/mousse-hygiene-intime-cranberry/648-5-333

Prenons le temps de vérifier la composition du produit en analysant de plus près la liste de composants, la liste INCI :

 

Ingrédients/ INCI:

 Glycerin, Aqua, Lac*, Decyl Glucoside, Alcohol, Vaccinium Macrocarpon Fruit Juice*, Sodium Lauryl Sulfoacetate, Betaine, Coco-Glucoside, Glyceryl Oleate, Hibiscus Sabdariffa Flower Extract, Citrus Aurantium Bergamia Fruit Oil, Vaccinium Angustifolium Fruit Extract, Pyrus Malus Fruit Extract, Vanilla Planifolia Fruit Extract, Rubus Idaeus Fruit Extract, Rubus Fruticosus Fruit Extract, Vitis Vinifera Fruit Extract, Prunus Armeniaca Fruit Extract, Lactic Acid

Analyse des composants :

Comme toujours, ce sont les 5-8 premiers composants qui constituent majoritairement le « profil » du produit.  

De manière générale, un les produits lavants (gels douches/shampooings, gel ou mousses lavantes intimes également) sont constitués d’environ 70% d’eau, viennent ensuite des bases lavantes (environ 20%) et d’autres composants annexes.

En ce qui concerne les gels lavants (ou mousses lavantes)  ce qui est donc primordial, c’est le choix des bases lavantes (tensioactifs) qui peuvent être soit très doux, bien tolérés par la peau, ou plutôt irritants et/ou problématiques pour l’environnement.

La formulation se compose ici essentiellement d’un mélange de tensioactifs doux à base de sucre, les plus doux, mais également les plus onéreux du marché : Decyl Glucoside et Coco-Glucoside et de tensioactifs très doux comme le Sodium Lauryl Sulfoacetate.

D’autres substances de soin intéressantes :

Le complexe actif lacto-intensif (INCI : Lac) spécifique aux produits de Bioturm qui apporte équilibre et soin aussi à la flore intime :

« Lac : Complexe actif lacto-intensif

Le petit-lait frais issu de l’agriculture biologique est fermenté par un procédé patenté. Le lactosérum que l’on retrouve dans presque tous les produits de Bioturm® contribue, grâce à ses composants intrinsèques, à équilibrer la flore cutanée et le film hydrolipidique. L’acide lactique naturel, les acides aminés essentiels et les oligo-éléments, etc, sont parfaitement tolérés par la peau et maintiennent son taux d’hydratation. »

http://www.bioturm.fr/.cms/mousse-hygiene-intime-cranberry/648-5-333

  • La glycérine, hydratante, prévient le dessèchement et constitue une base pour la texture mousse
  • L’extrait de canne berge (cranberry) aux propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires
  • L’extrait de myrtille, de framboise, de mûre, aux propriétés anti-oxydantes…
  • L’acide lactique pour apaiser et équilibrer la flore intime, en combinaison avec le complexe actif lacto-intensif

Verdict : Une mousse intime avec une formulation exemplaire, sans aucune substance controversée. Le « complexe actif lacto-intensif » est un véritable « plus » pour prendre soin et équilibrer la flore intime délicate. 

Bien sûr que ce produit est presque trois fois plus cher que son concurrent, mais avec des ingrédients largement plus qualitatifs, notamment les bases lavantes à base de sucre et le complexe actif spécifique. Ce produit s’utilise par ailleurs en très petite quantité, et la texture mousse le rend économique. La qualité est au rendez-vous et l’absence de substances nocives garantie, notamment aussi par les labels BDIH et Cosmos.

Une réponse à Le « Match Cosméto » d’hygiène intime : ROGE CAVAILLES contre BIOTURM

  • Shampoing, gel douche, crème solaire, crème pieds, crème mains, gel intime…. Sauf erreur de ma part, les analyses font le plus souvent ressortir que les produits (bio) les plus coûteux restent les plus respectueux de la peau et de l’environnement. Ici, trois fois plus cher. Ce produit est économique, certes, mais il s’ajoute à la liste de tous les autres produits du quotidien.
    N’y a t’il donc pas dans le commerce des marques abordables et recommandables, en tous cas, moins pires que les autres ? des analyses ne pourraient elles pas être faites plus souvent sur les produits bio vendus en grande surface ?
    Merci à vous

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